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 Le Carnaval de Nice

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Steph
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MessageSujet: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:33

Le Carnaval est la plus célèbre fête populaire niçoise mais également la plus importante sur le plan de son impact touristique et économique.



Comme le Carioca, le Niçois manifeste un attachement à son passé, ses traditions, sa culture mais également il est ouvert aux influences culturelles internationales, depuis le XVIIIème siècle, Nice a accueilli de nombreux hivernants, venus du monde entier.

Le Carnaval a été au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, le témoignage le plus éclatant de la convivialité entre les Niçois et leurs hôtes de passage. Cette grande fête a même servi de modèle à Rio, qui a développé son grand carnaval après le passage de l'empereur Pedro II à Nice en 1888. Même effet, pour la grande parade de Pasadena, qui a lieu le 1er janvier, à l'occasion du Tournament of Roses, près de Los Angeles. Elle avait été créée vers 1890 après le passage à Nice d'un membre influent du Comité de Pasadena.

Le Carnaval de Nice a également servi de modèle aux carnavals de la Nouvelle Orléans, Québec, Viareggio, au siècle dernier, et tout récemment à celui de Tahiti en 1997 et Bradford en Angleterre, en 1995.

Le Carnaval de Nice, a la chance d'avoir l'un des plus riches et longs passés dans l'histoire des carnavals du monde. Il apparaît en 1294, lorsque les chroniques signalent la venue du Comte de Provence Charles II, "pour y passer les jours joyeux du carnaval".
Du Moyen Age au XIXe siècle, le Carnaval se déroule dans un style différent selon l'époque. Au Moyen Age, une fête de bals et de mascarades; au siècle des Lumières, les bals masqués se déroulent à la mode vénitienne, en milieu fermé. Les festins de Carême, à Cimiez, clôturent le cycle Carnaval-Carême dans une atmosphère qui inspira le poète niçois Rancher.



Le carnaval change d'aspect lors du séjour, en 1830, du roi Charles-Félix. Pour la première fois, un "corso" fut organisé sur le Cours Saleya, en hommage aux souverains. A bord de voitures et de calèches, fleuries et décorées, les notables niçois défilèrent en "riches costumes" sous le balcon du Palais Royal.

Très vite, les batailles de projectiles deviennent le jeu essentiel de la fête. A partir de 1892, les confetti de papier détrônent les confetti de plâtre, réservés au Mardi-Gras jusqu'en 1955 et dont les batailles mémorables sont ancrées dans la mémoire des Niçois.
En 1873, un Comité organisateur du Carnaval, composé de riches hivernants et de membres de la bourgeoisie niçoise, institua une distribution de prix lors d'un premier défilé de chars. De nombreuses initiatives sont à mettre à l'actif des Comités des Fêtes successifs : batailles de fleurs sur la Promenade en 1876, trains "du plaisir" sur la ligne PLM en 1877, char de Sa Majesté en 1882, palais-loggia en 1890, Madame Carnaval en 1893, chanson officielle en 1905, illuminations électriques en 1921
Aujourd'hui, le carnaval niçois devient le terrain privilégié de la créativité des carnavaliers, qui caricaturent dans le meilleur style grotesque aussi bien les scènes de la vie niçoise que les évènements internationaux. Il nous donne ainsi un témoignage inestimable et incomparable sur la vie de nos contemporains à travers la vision humoristique des carnavaliers.

Les carnavaliers niçois subissent l'influence de Gustave-Adolphe Mossa qui a su imposer un style, un art spécifique. Le peintre et sculpteur Alex Mignone, élève d'Alexandre Sidro, reste l'un des derniers détenteurs de ce savoir faire, véritable trésor de notre patrimoine d'art populaire.

De nos jours, Nice dispose de carnavaliers talentueux dans l'art de concevoir de gigantesques automates-robots mécanisés. Mais c'est également à Nice, que les expériences pilotes de carnaval avec la participation des jeunes des banlieues et le savoir faire des lycées professionnels ont commencé dès 1993, sous l'impulsion de l'association Carnaval Sans Frontières, notamment. Elles ont servi d'exemples au Carnaval de la Biennale de Lyon et à la Carnavalcade de St Denis, pendant le Mondial 98.



Dernière édition par Steph le Dim 24 Déc - 14:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:35

« Le CARNAVAL est l'événement culturel populaire le plus important que peut connaître un pays » - Jorge Amado

« The Carnival Parade in Nice has gained the reputation as one of the best parade in Europe » - Charlotte DeWitt & Bruc Skinner
International Festival Association.

Avant Propos

Le Carnaval est de nos jours célébré à divers moments de l'année selon les pays ou les régions.

Fête européenne d'hiver par excellence, comme les grands carnavals de Nice, Venise, Tenerife, Viareggio, Cologne, elle connaît son apothéose au moment du Mardi Gras et étend sa renommée par-delà l'Atlantique à Rio, Trinidad, la Nouvelle Orléans, Québec.

Déjà, au XIIIe siècle, le Carnaval de Nice connaissait la notoriété et il demeure encore une grande fête populaire de nos jours.

À la fin du siècle dernier, il était devenu le Carnaval le plus important d'Europe.

Tous les membres les plus illustres du Gotha européen et mondial venaient séjourner l'hiver à Nice et participaient au Carnaval.

Le Carnaval de Nice correspond à la fois à l incarnation de l'identité culturelle niçoise - par la richesse et la force de son imagerie populaire et à la rencontre d'autres fêtes et cultures.

Chaque année, il donne aux niçois une opportunité spontanée de revivre une période colorée de leur histoire. L'espace carnavalesque devient le cœur d'une cité qui bat et vibre de tous ses feux.

Pour retrouver les origines de cette fête, il faudrait retourner très loin dans le passé, peut-être, au temps de l'homme préhistorique… Fête païenne à l'origine, canalisée par l'Église au Moyen Âge qui l'insère dans le cycle précédant la période de Carême, Carnaval prend place pendant les "jours gras" (Mardi Gras), ou durant le cycle entre Noël et Mardi Gras. "Carne levare, levamen", "enlève la chair", est l'une des définitions étymologiques les plus usitées au sujet du Carnaval. Elle fait allusion à la période où l'on "ôte la chair", où l'on consomme une dernière fois de la cuisine grasse avant d'entrer en Carême ou "quadragésime" (période de quarante jours pendant laquelle les chrétiens devaient consommer de la cuisine maigre, jusqu'à Pâques). "Carrus navalis", "char naval", est une autre définition avancée pour rapprocher les origines du carnaval, au char naval ou barque voiturée, sur laquelle Dionysos, le dieu venu de la mer, pénétrait dans les îles grecques pour célébrer les fêtes dignes de son nom. Aussi, avant d'entrer en Carême, période d'abstinence et de cuisine maigre, le carnaval était la dernière fête qui donnait lieu à des débordements licencieux de la part des participants, à "des excès permis" ~, pour reprendre la célèbre formule de Freud. Dans l'espace urbain, une mise en scène fantastique se crée, avec des rites respectés au cours des siècles, et des rôles joués par des personnages voisins du monde du Merveilleux, du Fantastique, issus de la mythologie populaire du Carnaval. Parmi ces "rôles", apparaît celui fondamental, de l'Homme Sauvage : Végétal, feuillu, ou animal (ours, cerf, bélier, chèvre, symbole de fécondité et de régénération de la Nature ou Conducteur des "âmes des morts" qui errent pendant la période carnavalesque, entre le Monde des Ténèbres et le Ciel… L'espace carnavalesque devient un lieu de médiation entre le royaume des morts et celui des vivants.

Le masque grotesque, masque déguisement, alors investi d'un sens sacré, quasi magique, est l'attribut essentiel de la fête carnavalesque. On en retrouve la trace dans les principales civilisations de la Méditerranée : en Égypte, en Palestine, en Grèce. Cette dernière porte de nombreuses représentations de masques sur des vases grotesques, des fresques murales, qui représentent des danseurs masqués.

Il s'agissait de comédies carnavalesques que l'on appelait "Cosmos", ou bien de fêtes tumultueuses en l'honneur du culte de Dionysos.

Saturnales et Lupercales au temps des Romains en décembre et février, étaient l'objet de débordement licencieux de la part des participants ; l'on assistait à l'inversion des sexes (les hommes se déguisaient en femmes) et à l'inversion des rôles (L'esclave devenait le maître pour une journée). L'Église chrétienne ne parvint pas malgré ses critiques constantes et ses condamnations à réprimer le caractère païen et libertin du Carnaval qui connaît une vie féconde pendant le Moyen âge, et se développe dans plusieurs cités médiévales en Italie, France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne…

De nos jours, la signification symbolique du Carnaval a perdu beaucoup de son sens, mais la fête demeure avec des aspects et un calendrier différent selon les régions.

Fêtes d'hiver, les Carnavals méditerranéens privilégient les grands défilés de chars en carton-pâte qui sont l'œuvre d'artistes talentueux comme les carnavaliers de Nice, Viareggio, Putignano (Italie), Patras (Grèce), Malte ou Valencia, en Espagne.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:36

Très original et traditionnel en même temps, le Carnaval de Santa Cruz de Tenerife, (Canaries), implique la population entière que ce soit pour les défilés de comparsas influencés par les musiques afro-brésiliennes et cubaines, ou bien le fantastique rituel de l'Enterrement de la Sardine.

Le Carnaval de Nice, - qui a été le plus grand carnaval du monde à la Belle Époque, et dont les "corsi carnavalesques" et les "batailles de fleurs" ont incontestablement influencé et parfois servi de modèle au développement des Carnavals de Rio, Viareggio, la Nouvelle-Orléans, Québec, ou bien à la célèbre parade du Tournoi des Roses de Pasadena - se trouve à un tournant de son histoire.

Riche d'un passé et d'un patrimoine exceptionnel, il est à la recherche d'un nouveau souffle et une nouvelle rencontre s'effectue entre les carnavaliers et des artistes contemporains. Mais avant d'en arriver là, laissez-nous, vous conter son histoire…

Une fête de bals et de mascarades

Dès la fin du XIIIe siècle, la renommée du carnaval de Nice est soulignée dans les chroniques locales lors du séjour en 1294 du comte de Provence Charles II, duc d'Anjou, venu à Nice "pour y passer les jours joyeux de carnaval".

A partir de 1388 (date à laquelle le comté de Nice se donne à Amédée VII, comte de Savoie), les ducs de Savoie séjournèrent fréquemment à Nice en période de carnaval, comme le duc Emmanuel-Philibert en 1577 et 1578. Le carnaval précédait la période du carême accompagné d'une série de réjouissances : bals, mascarades, danses, feux de joie, exhibitions de jongleurs et de mimes, tables mises dans les rues. Sans succès, l'Eglise essaie de canaliser les aspects les plus brutaux et obscènes de la fête. Des ordonnances ecclésiastiques au XVIIe siècle intiment aux prêtres sous peine d'amende ou de prison de "ne pas danser, ni en public, ni en privé, ne pas regarder les gens qui dansent, ne pas porter de longs cheveux, de longues barbes, de souliers rouges ou verts en public… ne pas se promener la nuit venue, ne pas entamer de chants profanes dans les rues, ne pas exécuter de morceaux de musique, ne pas se masquer". Mais en vain : dans la cité bien protégée à l'intérieur de ses murailles, le carnaval se déroule allégrement, sous le contrôle des syndics de la ville, qui, par un édit de 1539 (complété en 1612), nomment des "abbés des Fous" chargés d'organiser et de réglementer les fêtes et les bals de carnaval.

Les bals se déroulaient tout près des principaux centres de l'activité urbaine : le bal de la noblesse, sur la place ou loggia du palais ducal, le bal des marchands, place de l'Évêché, le bal des artisans, place Saint-Francois, face au palais communal, le bal des pêcheurs et des ouvriers, place de la Condamine. Pour circuler librement d'un bal à l'autre, il fallait être masqué et « déguisé convenablement », sinon les Niçois étaient tenus de rester dans le bal correspondant à leur classe sociale.

Les abbés des Fous étaient chargés aussi de commander les musiciens des bals, de percevoir le droit de charavilh (charivari) lors des remariages et la taxe dite pelota prélevée auprès des jeunes époux de l'année.

La fête à l'italienne au Siècle des Lumières

Au XVIIIe siècle, la fête change de physionomie dans la cité niçoise. La ville grandit au sud, la Villanova, et sur la rive droite du Paillon. La population s'accroît. Une distance sociale commence à se creuser entre les privilégiés (noblesse, bourgeoisie) et les autres classes de la société. La « fête aristocratique » se cloisonne, s'isole dans des salles fermées, chez le gouverneur ou autres notables. Il en est de même en Italie où des bals somptueux sont donnés pendant le carnaval, à Venise, à Naples, à Rome (Veglione, Redoute), et connaissent la célébrité par-delà les frontières.

A ce "resserrement" de la fête aristocratique à l'intérieur de la ville s'oppose, à ciel ouvert, et dans la proche banlieue de Nice, l'atmosphère champêtre et populaire des "festins de carême". Ces festins étaient organisés à partir du premier dimanche de carême, chaque dimanche (jusqu'à Pâques), dans un quartier de Nice.

Au cours de la période révolutionnaire, des fêtes civiques remplacèrent les fêtes religieuses et populaires. Cependant la fête célébrée à Nice, le 9 janvier 1794, à l'annonce de la reprise de Toulon par Barras et Bonaparte donna lieu à des réjouissances d'un caractère parfois carnavalesque.

C'est ainsi que sur la place de la République (aujourd'hui Garibaldi) on assista à un défilé de chars allégoriques et qu'un bûcher fut dressé pour brûler les "infâmes drapeaux des peuples coalisés".

La restauration sarde : sur le corso

La période consulaire et impériale favorise l'organisation de bals masqués dans les salons de la noblesse et de la bourgeoisie. Les manifestations populaires sont, la plupart du temps, organisées et contrôlées par les confréries religieuses.

C'est lors d'un séjour hivernal, en 1830, du souverain sarde Charles-Félix, accompagné de son épouse et de sa cour, que la fête carnavalesque change d'aspect. Le carnaval eut lieu sur le cours Saleya (au sud de l'actuel Vieux-Nice), et les notables niçois organisèrent un corso de gala en hommage aux souverains. A bord de voitures et de calèches, ils défilèrent en "riches costumes sous le balcon du palais ducal où se tenait le roi".

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:36

Une bataille de fleurs et de bonbons en vrai sucre candi (les coriandoli), ou de petites dragées (les confettis), s'engagea de voiture à voiture. Il y eut aussi la reprise de bals masqués au palais ducal et de veglioni au théâtre.

Très vite, l'usage de projectiles divers s'instaure. Les batailles de projectiles deviennent le jeu essentiel de la fête carnavalesgue. Les populations locales et hivernantes se mêlent, s'affrontent ou s'encanaillent. La piétaille tient le pavé, tandis que l'élite occupe les positions "chic", fenêtres et terrasses du cours Saleya et de la rue Saint-François-de-Paule. La rencontre, les heurts se font à distance, avec des projectiles nobles : bouquets de fleurs, bonbons, cigares, dragées, ou de plus en plus sommaires : haricots, farine, coquilles d'œufs emplies de suie ou de farine, pois chiches, boulettes en pâte cassante, sciure de bois.

Mais les confettis de plâtre deviennent les munitions privilégiées. avec une panoplie de combattant, pour la circonstance : masque de protection grillagé, pelle à confetti – sansoula – et grand sac. En 1892, les confettis de papier apparaîtront. Au cours des années 1860-1870, la saison hivernante niçoise est des plus brillantes. Les têtes couronnées figurent sur les listes des résidents étrangers : les familles russes, belges, anglaises, le roi de Bavière, Louis 1er. Les fêtes mondaines se multiplient et les hivernants participent de bon cœur à la grande fête populaire et paillarde du carnaval.

Le Comité des Fêtes

Après la guerre de 1870-1871 et la chute du second Empire, les fêtes du carnaval allaient se trouver dotées d'une nouvelle structure. Un jeune fonctionnaire de la préfecture, Andriot Saetone, prit l'initiative de créer un Comité des fêtes pour "redonner au carnaval sa vigueur d'antan". En fait, il s’agissait de rassurer et de récupérer la clientèle hivernante, inquiète depuis les événements de la Commune et qui délaissait Nice par peur des "rouges", pour lui préférer San Remo sur la Riviera italienne qui étrennait un casino tout neuf. Donc en 1873, un Comité organisateur du carnaval, composé de riches hivernants français et étrangers ainsi que de membres de la bourgeoisie niçoise, institua une distribution de prix à l'occasion d'un premier défilé de chars, cavalcades, mascarades et isolés. Les festivités se trouvaient aussi placées sous le signe de fêtes de charité et de bienfaisance, afin de faire appel à la générosité et à la participation des hivernants dans la bonne tradition de l’époque victorienne.

Nice devenait l'un des carnavals urbains les plus célèbres de la Planète, au côté de Rio, la Nouvelle-Orléans, Québec, Viareggio, qui apparaissent ainsi dès la fin du XIXe siècle et viennent transformer l'atmosphère de ces carnavals, plus "vénitiens" au XVIIIe siècle et confinés en bals masqués ou Veglioni dans des théâtres à l'italienne.

Les têtes couronnées, la "Gentry", se pressaient dans les loges du Carnaval de Nice, participaient même comme le Prince de Galles, aux batailles de fleurs, sur la Promenade des Anglais, dans leurs "breacks" fleuris, et entre deux batailles de confetti de plâtre (ou de papier), prenaient le temps d'apprécier la qualité du corso carnavalesque, sur le Cours Saleya, puis plus tard, place Masséna.

L'écrivain Stephen Liegeard n'allait pas tarder à créer le terme de "Côte d’Azur", dont nous avons fêté le Centenaire en 1987-1988, une expression devenue l'appellation définitive de notre région.

De nombreuses initiatives sont à mettre à l'actif des comités des fêtes successifs :

- création de batailles de fleurs sur la promenade des Anglais en 1876, premiers trains de plaisir sur la ligne Paris-Lyon-Méditerranée en 1877, chars de la musique, premier char de Sa Majesté Carnaval en 1882, palais pour Carnaval à partir de 1890, dont ceux, érigés entre 1904 et 1908 dans le plus pur style de l'Art nouveau, la chanson officielle du carnaval à partir de 1905, de magnifiques décors pour les illuminations électriques dès 1921, Madame Carnaval en 1893, et son fils Carnavalon dans les années trente, la participation de nombreuses délégations étrangères, qui contribuent à faire du défilé carnavalesque niçois l'un des plus importants du monde par le nombre de mannequins, de sujets, de grosses têtes, de chars en carton-pâte. A la Belle Époque, le carnaval de Nice était le plus célèbre du monde, rehaussé par la présence de tètes couronnées ou de personnalités prestigieuses telles que le prince de Galles ou l'empereur du Brésil (en 1888) à la veille de sa destitution.

Chronologie carnavalesque.

• Création du Comité des Fêtes et du premier corso de Carnaval, sur le Cours Saleya, 1873.
• Polémique autour du char de la Ratapignata/chauve-souris, en 1875, le grotesque l'emporte sur l'allégorique.
• Création des batailles de fleurs en 1876.
• Premiers trains de plaisir sur la ligne Paris-Lyon-Méditerranée, en 1877.
•Premier char de la Musique, 1877.
• Grand Veglione (bal masqué) à l'Opéra, 1879.
• Premier char de Sa Majesté Carnaval, Triboulet en 1882, avec son royal cortège d'arrivée.
• L'Empereur du Brésil, Pedro II, assiste au Carnaval (1888).
• Première affiche publicité du Carnaval, 1889.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:41

• Le Prince de Galles (futur Edouard Vll) allume le bûcher de Carnaval, en 1889.
• Loggia pour Carnaval en 1890, (érigée dans le style de l'Art Nouveau entre 1904 et 1908).
• Apparition des confettis de papier au Carnaval de Nice en 1892.
• Création de Madame Carnaval, par Alexis Mossa en 1893, et Mariage avec S.M. Carnaval XXI
• La Belle Otero, participe à la bataille de fleurs sur son char, 1902.
• Chanson officielle de Carnaval en 1905.
• Le Babaoù de larnach, plus grand char du Carnaval, en 1905.
• Carnaval, Persée à califourchon inversé sur Pégase, Adieu à la Belle Époque, 1914. (char de G.A. Mossa et Pierre Spagnol).
• 1921, Retour de Carnaval, après la guerre (char de Gustav-Adolf Mossa et Alexis Sidro), Gargantua sur la Cigogne alsacienne.
• Premières illuminations électriques en 1921.
• 1922, "Veloù, Veloù", Carnaval sur le Pont-Vieux.
• Le Carnaval de Blackpool (GB) est organisé par des carnavaliers niçois en 1923.
• Carnaval est cubiste, dadaïste, en 1931.
• Carnaval chante "la joie" en 1939.
• Il est supprimé pour "cause de folie" (guerre) de 1940 à 1945.
• 1955, dernières batailles de confetti de plâtre.
• 1964, le carnavalier Alexandre Sidro développe la mécanisation des chars.
• 1976, King-Kong, char de J.P. et P. Povignu, superbe char automate fait sensation sur le corso.
• 1984, Carnaval Cent, fête sa centième année de règne, et développe des animations culturelles pour la jeunesse 1ères Rencontres Internationales sur le Carnaval, la Fête et la Communication.
• Nice, carrefour des carnavals du monde avec la création de l'émission télévisée, "Carnavals des Carnavals" (1987-1990).
• Carnaval, Roi de l'amour, 1989. orge Amado, président du jury en 1990.
• La guerre du Golfe entraîne l'annulation de Carnaval, roi des Fous en 1991.
• Roi des Roys en 1992.
• Roi de l'Europe en 1993. deux artistes plasticiens de l'École de Nice, Louis Cane et Ben, réalisent chacun un char, la Mascarade et Europe Unique et Multiple pour Cane, la Ratapignata, pour Ben.
• Centenaire de madame Carnaval, 1993.

Regards sur le Corso

Le corso carnavalesque fait penser a une immense bande dessinée où les carnavaliers donnent libre cours a leur imagination tout en retrouvant les thèmes traditionnels du carnaval : allégories héritées du maniérisme et du baroque, ou mise en scène particulière de la nature. et de son bestiaire (avec l’Ours ou la Chauve-souris. animaux-totems. Les géants monstrueux, Hommes sauvages, Ogres, King-Kong des temps modernes avalent et recrachent leurs victimes de comédie dans un univers fantastique diabolique proche de celui des contes de fées et d’Alice au pays des merveilles.

Le petit monde du carnaval évolue au cours des ans. Les carnavaliers pastichaient volontiers les événements politiques et sociaux avant 1914, puis, ente les deux guerres, Carnaval, héros gargantuesque, choisit davantage la satire locale. Il subit aussi l’influence des années folles et se montre friand d’exotisme. Il tourne le dos à la politique rejette les crises : joyeux fêtard a la conquête de l’amour en 1934, il est millionnaire de la loterie nationale en 1937 et chante La joie en 1939 ! après la guerre Carnaval devient un ambassadeur de Nice, capitale de la Côte d'Azur. Il règne dans un univers de soleil et de féerie parmi quelques bons dragons ou babaou) carnavalesques.

L'univers du fantastique dans le Carnaval

Le Carnaval représente un univers peuplé de personnages mythiques et symboliques médiateurs entre le monde des Ténèbres et celui du Ciel.

Ces personnages, êtres ou animaux psychopompes, ont pour mission d'entraîner les ' âmes errantes", des Ténèbres, vers l'univers Céleste.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:41

Dans les carnavals du temps jadis, un psychodrame se jouait, où les "créatures" du diable, de l'enfer, précédaient celles du monde céleste ou bien évoluaient à leurs côtés.

Herlechinus, Harlequin, Hellequin, diable dans la mythologie populaire, devenu l'Homme Sauvage, entraînait les "âmes errantes", au son d'un charivari, dont les échos retentissent encore de fêtes d’origine rurale et païenne, le Carnaval se développe dans les villes médiévales et parodie le cortège d'entrée des Princes de la Renaissance.

Des défilés de chars apparaissent pour connaître une forme nouvelle à la fin du XIX ème siècle sous l'impulsion de l'ltalie et surtout de Nice, qui dès 1873 présentait le plus important défilé carnavalesque du monde en présence d'un public d'hivernants prestigieux.

Ce public "d'esthètes", se doutait-il en participant ainsi au CarnavaI qu'il assistait à un défilé pour lequel, les "carnavaliers" puisaient leur source d'inspiration dans les traditions les plus profondes et anciennes de cette Fête ?

Celles que l'on retrouvait bien ancrées à la fois dans la culture traditionnelle et européenne dans les villages du haut pays niçois et que connaissaient bien les plus grands artistes imagiers "du Carnaval Alexis Mossa, et son fils Gustave Adolphe.

Dans cette mise en place des corsi carnavalesques à partir de 1873, nous assistons à une représentation de plusieurs thèmes mythiques ou puisés dans l'imagerie populaire et les carnavaliers par chars interposés expriment un inconscient collectif, et reproduisent la mythologie populaire du Carnaval - notamment celui qui a trait au « monde de l'inversion » et de l’imaginaire fantastique", - et permettent la coexistence d'un univers apollinien et dionysiaque.

La Bataille de la Ratapignata

Les premiers défilés de chars sont plutôt de style allégorique « Éloge de la paix" en 1874 l'année suivante, triomphe de l'héroïne niçoise Catherine Ségurane qui s'illustra lors du siège de Nice en 1543. Mais en cette même année 1875 une autre conception carnavalesque apparaît sur le corso avec le fameux char des Ratapignata (chauves-souris) quarante chauves-souris déploient leurs ailes noires doublées de peaux de lapin ou de chat sur un manoir en ruine imposant par la taille (six mètres) et le réalisme des costumes ce char fit grande impression sur le corso mais il n'obtint cependant pas le premier prix.

Le Comité des fêtes préféra l'académisme pompier du char de Catherine Ségurane.

Ce jugement fut contesté. Deux clans s'affrontèrent vigoureusement dans la ville : d'un côté les séparatistes (partisans d'un retour de Nice vers le royaume d'Italie) en faveur de Catherine Ségurane et de l'autre le parti français qui avait choisi les Ratapignata. Le Comité des fêtes démissionna et le carnaval adopta un style davantage grotesque au détriment de la fête allégorique qui fut réservée aux batailles de fleurs.

La Ratapignata : expression d’une pensée sauvage.

En 1875, l'apparition sur le corso niçois de la place de la Préfecture et du Cours Saleya, du fameux char de la RATAPIGNATA (Chauve-Souris), et les conséquences que cela entraîna dans l'évolution du Carnaval, fit voler en éclat, le « ron-ron » allégorique et un peu niais, vers lequel s'orientait la fête carnavalesque.

L'utilisation de la langue niçoise, de l’inversion et du symbole, par les réalisateurs du char de la Ratapignata, leur permet d'affirmer l'existence d'une communauté niçoise, positive et plus subtile que ne laissaient supposer les images parfois dévalorisantes que les membres de la "colonie hivernante" écrivaient à leur sujet, ou bien certains rapports de fonctionnaires français qualifiant de "sous-développées" les populations du pays niçois.

La Ratapignata, "souris pourvue d'ailes", est une représentation (inversée) de l'Aigle, symbole héraldique de Nice. Elle fait aussi partie du bestiaire carnavalesque, comme l'Ours, animal-clé dans cet univers symbolique. Comme lui, elle hiverne et se réveille au printemps. Animal psychopompe, elle est un médiateur entre le monde des ténèbres et celui de la lumière. Elle ouvre la voie de la connaissance, de l'initiation et de la sagesse, même si l'on doit s'enfoncer dans les ténèbres pour y parvenir.

Car effectivement, selon les cultures et les traditions, la chauve-souris, "impératrice" monde des Ténèbres, est plutôt "chargée", de valeurs négatives, "diaboliques", et apparemment elle semble "exorcisée" de tout pouvoir maléfique, dans le carnaval mais aussi la culture niçoise.

N'oublions pas que le "grand chantre" du pays niçois, Menica Rondelly, auteur de l'hymne Nissa la Bella, avait créé par la suite, la RATAPIGNATA, (journal entièrement rédigé en niçois), et que la chauve-souris, est devenue l'un des plus forts symboles de l'identité culturelle du Niçois.

L'impact de ce char, sur le corso, était d'une grande force : n'était-ce point là, une manière d'endosser, au premier abord, l'aspect "inquiétant", ténébreux, laid de la chauve-souris, et de le transformer en symbole de sagesse, perspicacité, intelligence.

Elle représentait une manière à la fois subtile et "grotesque" de la part des autochtones de faire front aux critiques, au sentiment de supériorité des "étrangers" vis-à-vis de la culture niçoise populaire.

Elle devenait le totem des Niçois, et l'affirmation d'une identité " sauvage ".

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:42

Le sacrifice du chat, bouc émissaire du Carnaval La réalisation du char de la Ratapignata, fut l'objet d'une passion démesurée, et d'un acte que nous jugerions excessif de nos jours et qui va dans le sens de cette "identité sauvage" que nous venons d'évoquer…

En effet, le costume des figurants comportait des ailes de soie noire, un masque de chauve-souris, et un corps en fourrure noire. Des peaux de lapin avaient été d'abord prévues, mais comme elles étaient en nombre insuffisant, Jean Cuggia raconta au journaliste Joseph Suppo, qu'avec ses amis, ils s'étaient rabattus sur les chats du quartier : c'est ainsi que trois cents chats du quartier disparurent. Effectivement, le chat n'a pas toujours un sort heureux dans les carnavals, que ce soit dans le passé ou même encore de nos jours.

Dans le passé, plusieurs cités réservaient un sort funeste aux chats, pendant la période du carnaval comme le précise Van Gennep. Selon certaines croyances populaires, les chats mis à mort représentaient le diable. Venise, à la Renaissance, était le lieu d'un jeu cruel appelé « jeu du Chat », pendant le Carnaval. Des hommes, crâne rasé, devaient écraser avec leur tête le corps d'un chat, attaché ("mis en croix") toutes "griffes dehors" sur une planchette, fixée contre un mur ou un poteau. En Espagne, Caro Baroja précise que l'on berne des chats ou des chiens à la place du Pelele, ce mannequin qui ressemble au Paillassou niçois. Dans ce cas, le chat ne subit pas un sort tragique, mais il est utilisé comme un médiateur entre le Haut et le Bas, le Ciel et les Ténèbres.

A Rio ou Bahia, le chat était très recherché pendant le Carnaval. Car pour certains sa peau servirait à la fabrication de l'un des instruments à percussion les plus fameux du Carnaval, la "Cuica", selon les Brésiliens, jouer de la Cuica, signifie "faire parler la peau du chat".

Dans le cas exceptionnel du char de la Ratapignata, le sacrifice du chat représentait le sacrifice inversé de la chauve-souris consacrée animal totem, par une collectivité niçoise, qui s’identifiait positivement à elle.

Le Diable, la Sorcière et le Babaou.

L'apparition du char de la Ratapignata dans le Carnaval de Nice, a eu pour conséquence de développer l'apport symbolique, fantastique, d'œuvres grotesques dans les défilés carnavalesques, héritières de l'univers mythologique populaire et rabelaisien. Très souvent le Carnaval de Nice, est traité de Carnaval "spectacle", avec un sens péjoratif donné à ce terme.

J'aimerais mieux utiliser l'expression de "Comédie mythologique", qui se déroule devant le public, par le biais de ces chars, et qui donnent parfois l'occasion de jouer des psychodrames.

Au cours de la Belle Époque, le monde des Ténèbres, du fantastique et du diabolique, fut souvent représenté, et de nombreux chars suivirent l'exemple de la Ratapignata, comme ceux de Faust, Pluton, Satan, Lilith et ses sorcières qui furent parfois menées à un "train d'enfer", par quelque superbe Babaou.

Le Sabbat des Sorcières et Fumisterie

Les Sorcières apparaissent à plusieurs reprises sur le corso, mais en 1884, elles pratiquent ouvertement le Sabbat, en compagnie de leur chat, bien entendu ! et tout comme Satan, c'est autour d'une gigantesque marmite qu'elles célèbrent leur fête démoniaque.

Une fête qui pourrait être placée sous le "patronage" de Ste-Agathe, patronne des nourrices célébrée le 5 février, mais qui serait aussi invoquée par les sorcières, car elle protège, du feu, de la foudre et dont le nom, correspondrait en Provence, à celui du chat, "lou Gato", (selon Claude Gaignebet).

Fumisterie conçue par A. Mossa en 1895 est aussi tentée par la "Cuisine du diable" et retrouve d'autres symboles familiers :

"Les diables sont habillés en cuisiniers coiffés de la toque traditionnelle et Juchés tout en haut de grandes cheminées, ils appâtent des chattes noires avec du mou en forme de cœur, accroché au bout de canne à pêche."

Ici la transformation du symbole de la chauve-souris et celui du chat converge vers une même image.

Celle de Lilith, la Vamp (ou vampire), séductrice diabolique.
Car par la suite toutes les représentations du char de la Ratapignata, évoqueront la chauve-souris en femme avec une tête… de chat !...

Sauf peut-être, en 1993, avec la Ratapignata de Ben, qui l'associe davantage à Mickey-Mouse, la souris. Mais au fait, la "Ratapignata", n'est-elle pas en niçois "la souris, pourvue d'ailes" !

Le Babau

Le babau est un animal important dans la mythologie carnavalesque. Sa première apparition date de 1882, année de la création du char de S.M. Carnaval. Il s'agit d'un monstre, sorte de dragon, cracheur de feu souvent (rouge ou vert, selon les circonstances) qui fait partie de la suite du cortège de Sa Majesté Carnaval.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:42

Dans le dictionnaire français-niçois de Castellana, on relève le terme de : Babau ou Baboù qui viendrait de l’onomatopée "Bab, baver".

Babiller ou bête hideuse, ou monstre, croquemitaine, ogre, épouvantail, qui fait peur aux enfants et que l'on retrouve dans les légendes du pays niçois ou de la Provence et que l'on peut rapprocher aussi de la légende du Loup-Garou, qui apparaît dans la période de l'Avent.

Tout comme le Drac et la Durance, la Tarasque et le Rhône, pouvons-nous établir une relation entre le Babaou et le Paillon ?

Notre Babaou pourrait, peut-être descendre du Paillon de Coaraze (Cauda raze), le village qui "a rasé la queue du Diable! déguisé en Lézard (Dragon), ou bien de Contes, qui lui, a attrapé la queue avec de la glu.

- il est surtout officialisé dans le Carnaval, à partir de 1893, année du mariage de Sa Majesté Carnaval, mais aussi, date de l'inauguration de la couverture du Paillon sur le jardin Albert 1er, et de la place Masséna, - donc le Babaou qui n'a plus un accès "découvert" vers la mer, sort pendant la période carnavalesque et manifesterait ainsi "sa frustration", au grand plaisir frissonnant des enfants. - il est représenté sur un char à feu, formé par 4 chapons "surpris dans le Paillon", (Le Petit Niçois) et qui entourent un appareil crachant des flammes.

Cousin de la Tarasque, il est aussi enfourché comme monture par Sa Majesté Carnaval, en 1884, en 1913, plus récemment en 1956.

Mais c'est surtout le gigantesque Babaou de 1905, conçu et réalisé par larnach, l'autre grand imagier du Carnaval qui reste inscrit dans les annales, des grands chars du corso carnavalesque.

D'une longueur de 34 mètres, il était monté sur roues et poussé par dix-huit hommes, un orchestre entier se tenait dans sa gueule ouverte.

Le Babaou est encore une source privilégiée d'inspiration chez les carnavaliers, il apparaît actuellement beaucoup plus souvent que le diable ou la sorcière et faisait partie notamment du Cortège des Cent ans de S.M. Carnaval en 1984.

Dans l'univers carnavalesque niçois, le monde du fantastique et du diabolique tient une place de choix selon les périodes - avec des chars qui s'inscrivent dans le domaine du terrifiant, de "l'inquiétante étrangeté… cette chose de l'effrayant qui se rattache aux choses connues depuis longtemps et de tout temps familières". (S. Freud)

Parfois sans le savoir, le carnavalier s'inscrit dans l'héritage de la mythologie populaire et il projette au travers de son art, les certitudes et les angoisses de son époque, les fantasmes et les rêves de sa vie d'homme. Par le miroir déformant du grotesque et Victor Hugo, ne disait-il pas :

"le grotesque est la plus riche source que la nature puisse offrir à l'art" - le carnavalier ajoute à son œuvre une force, une dimension humaine qui rejoint cette interrogation éternelle de l'Homme vis-à-vis du monde des êtres mystérieux, féeriques ou diaboliques, "l'Autre Monde", selon les Celtes, celui des Ténèbres ou du Merveilleux Magique.

Les imagiers du Carnaval

Alexis Mossa, l’inventeur de la B.D. du Corso

Dans l'histoire du Carnaval de Nice, les noms d'Alexis et de Gustav-Adolf Mossa doivent être placés au premier rang de ceux qui ont œuvré pour le prestige de cette fête, car ils ont su créer un art populaire de qualité tout en maintenant les traditions. Si Gustav-Adolf Mossa a été, ainsi qu'il se définissait, "l'imagier" du Roy Carnaval durant plus de soixante années, c'est que la voie lui avait été ouverte par son père Alexis, l'un des créateurs du carnaval actuel.

En effet, après la création du Comité des fêtes en 1873, Alexis Mossa va prendre une série d'initiatives dont certaines sont encore en place de nos jours.

C'est à lui que nous devons les albums de Carnaval, véritables bandes dessinées des cortèges carnavalesques (supprimées en 1979).Il figure en bonne place au côté d'illustrateurs de talent comme Jarnach, Emmanuel Brun ou Comba.

Il excelle dans les représentations de Carnaval, Polichinelle ou Triboulet, comme la couverture de l'album de Carnaval en 1882, où Carnaval X Triboulet sort joyeusement et diaboliquement de sa boîte à surprises.

Carnavalier, maître de cérémonie du cortège carnavalesque, Alexis Mossa nous donne avant tout, les plus "précieux témoignages, et avec quel talent, des premiers corsi carnavalesques.

En 1874 il réalise la maquette du "char de la Folie", mais son œuvre fut accueillie avec réticence, car le bonnet que portait la folie fut confondu avec le bonnet "phrygien" cher aux "sans culottes".

- En 1875, Alexis Mossa exécute le tableau le plus célèbre de l'histoire du Carnaval niçois "La Ratapignata". Cette œuvre réalisée après les événements très vifs qui ont émaillé le corso carnavalesque cette année-là, rassemble tous les protagonistes qui s'illustrèrent au cours de ce célèbre "combat carnavalesque".

Il restitue avec talent, la force, la vivacité, l'intensité du défi des Ratapignata au roi Polichinelle et au char de Catherine Ségurane.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:43

L'aspect diabolique du Carnaval est aussi évoqué par Alexis Mossa dans deux de ses œuvres, notamment la maquette du char "Fumisterie" (1895), calembour, jeu de mot, ce tableau est une forêt de symboles. Il n'est pas sans rappeler dans sa conception le char des Ratapignata : à peu près le même décor, un manoir, avec des hautes cheminées, en haut desquelles des diablotins lancent du mou en forme de cœur, à des chattes noires aux yeux diaboliques. De la chatte à la chauve-souris, à Lilith, le thème de l'éternel rapport entre les hommes et les femmes est abordé avec beaucoup d'humour.

En 1893, Alexis Mossa "marie" S.M. Carnaval, avec une belle paysanne de Gairaut, qui désormais accompagnera, avec quelques difficultés parfois, son royal époux. Un jeune page figure déjà dans le cortège royal des noces de Sa Majesté : il s'agit de Gustav-Adolf, qui subira, à cause d'un jet de confetti de plâtre au visage, durant ce corso, des troubles visuels heureusement sans gravité, puisqu'il s'en remettra rapidement.

En 1895, son projet de maquette de S.M. Carnaval XXII n'est pas retenu par le comité des fêtes. Carnaval revenait de l'Exposition de Chicago en mail coach avec les présents de l'Oncle Sam.

Le nom d'Alexis Mossa disparaît peu à peu des tablettes de Carnaval, mais la relève familiale est assurée.

Gustav-Adolf MOSSA

De 1907 à 1971, G.-A. Mossa a été le père spirituel, l'imagier d'une part importante des chars officiels et autres du corso. A la différence de son père, qui participait aussi à la construction des chars et les peignait, Gustav-Adolf est resté le maître-penseur d'un univers exceptionnel où se mêlaient des thèmes mythologiques, folkloriques ou carnavalesques mais où l'on retrouve aussi le génie du peintre symboliste dans la période de la Belle Époque.

A quelques rares exceptions, Gustav-Adolf a signé la plupart des maquettes de Sa Majesté Carnaval. Avec son œuvre, nous pouvons suivre l'évolution de l'univers carnavalesque sur une durée de plus de soixante années.

La thématique des exploits de Sa Majesté est variée. Dans l'imagerie carnavalesque, le héros Carnaval au travers de ses pérégrinations dans l'espace et dans le temps incarne des rôles et des personnages divers.

S.M. Carnaval 1928 Gargantua, Niçois, voyageur dans le temps et dans l'espace, fêtard à la recherche de loisirs et de soleil, Carnaval accomplit un voyage - témoignage, kaléidoscope d'une époque et d'un art que Gustav-Adolf a su rehausser au plus haut niveau.

Dans le vestiaire de Sa Majesté, les tenues symboliques de Triboulet, Gargantua et du Roi Soleil, apparaissent à des moments privilégiés.

Personnage principal dans l'œuvre d'Alexis (en 1882 ou 1894), Triboulet tient une place originale avec Gustav-Adolf, notamment celui qui, en 1931, s'inspire du dadaïsme et du cubisme.

Si la distance culturelle vis-à-vis de Nice s'accentue dans le temps avec l'habillement de Carnaval, par contre les attributs niçois entourent fréquemment le monarque, et G.-A. Mossa, grand connaisseur de l'histoire et du folklore ne manquait jamais de faire paraître un ravioli, un cougourdon ou le bouffon "Chicastrassa" au côté de son fils spirituel.

Tel ce ravioli que tient Carnaval (Persée) en 1914, au bout de sa fourchette ou des représentations de scènes typiquement niçoises comme le char de la socca, ou l'orchestre de Tavan.

Mais le costume le plus niçois est celui du pêcheur ; en 1923, en 1956 et en 1984, par fidélité à G.-A. Mossa et à ce thème, Carnaval porte cette même tenue 1956, le royal pêcheur, arrive sur une barque nommée "la Carnavalina" ~ évocation de ce virus particulier attrapé par les carnavaliers pour construire leurs œuvres et G.-A. Mossa a croqué avec beaucoup d'humour à l'avant du "navire", "Tanta Vitourina", personnage typique du théâtre populaire niçois créé par Francis Gag.

Gustav-Adolf Mossa a travaillé ainsi plus de soixante années, en étroite collaboration avec les carnavaliers niçois et tout particulièrement la famille Sidro. Il était très soucieux des formes et des volumes dont il fallait tenir compte pour l'architecture des chars et pour le mouvement à donner aux mannequins.

Gustav-Adolf Mossa nous a quitté en 1971 ; sans doute a-t-il rejoint Saturne et les autres majestés carnavalesques qui règnent dans ce fameux royaume de "l'âge d'or", du pays de Cocagne.

La musique et la chanson

Les Niçois aiment souvent évoquer le rôle de la chanson dans les carnavals, surtout celles que l'on fredonnait entre les deux guerres et qui sont restées gravées dans la mémoire collective. C'est tout un "mesclun" de chansons qui résonne dans nos têtes. "Velou, velou, velou, es Carneval !" "Petronille, reine des amours", "Carnaval est millionnaire", "Y a d'la joie !" "Bim, bam, boum !", etc. Le souvenir de la chanson ne peut se dissocier de celui de la musique, et nous permettra d'évoquer l'évolution particulière de la musique et de la chanson dans le Carnaval de Nice, de ses origines à nos jours. Nous aborderons le I thème de la musique des ténèbres, étroitement lié au cycle du Carnaval-Carême, dans tous les carnavals européens, avec une connotation tout à fait originale en pays niçois avec le développement des orphéons carnavalesques au son des cougourdons (couassa).

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:44

A la fin du XlXème siècle, la transformation du Carnaval de Nice en grand défilé de chars, cavalcades et mascarades entraîne l'apparition de chars de la musique, suivie au début du XXème siècle par la création du concours de la chanson officielle de Carnaval, puis sa décadence dans les années soixante et un renouveau qui pointe à l'horizon des années 90.

Le Carnaval et la musique des ténèbres

La musique joue un rôle primordial dans la fête et le carnaval n'échappe pas à cette règle de joyeuse convivialité. Aussi, les origines de la musique dans le carnaval nous entraînent-elles dans le sillage du symbolique et de l'étrange, celui qui intéresse l'ethno musicologue et l'anthropologue.

Le carnaval, grande fête cyclique de l'hiver européen après Noël, est considéré comme fête de transition entre l'hiver et le printemps dans le cycle des saisons et représenterait la période de médiation qui permet la communication entre le monde des ténèbres et l'univers céleste.

Les premières allusions que l'on peut faire, à une "musique" particulière ou "paramusique" pendant le Carnaval, sont, Sans nul doute, celles qui ont trait à la coutume du "charivari" et aux symboliques qui s'y rattachent.

"Par le terme de paramusique, on désignera les phénomènes sonores, organisés volontairement, en temps de rituel, et se situant à la frontière du son musical et du signal bruit. " (C. Marcel-Dubois).

Le passage d'une saison à l'autre s'accompagne de rites divers, parmi lesquels les sons jouent un rôle primordial ; manifestations sonores que l'on trouve aussi dans le cycle Carnaval-Carême :

- Dans les rites des Ténèbres, la succession de l'obscurité et la lumière sont symbolisés par des "effets bruyants" provoqués par des bris de marmite en terre, des tintamarres de casseroles, des sons de conques marines…

- Le chaos et l'allégresse de l'ordre retrouvé sont symbolisés par des sonorités claires et éclatantes, comme le son des clochettes, grelots, clarines…

Le Charivari

La pratique du charivari semble très populaire, dans le pays niçois, en période de Carnaval, ainsi qu'en témoignent les textes relevés par l'historien Ch-A Fighiéra : les édits municipaux de 1539 et 1612 donnent des détails très précis sur l'organisation des charivaris par les Abbés des Fous (cf. A. Sidro, "Le Carnaval de Nice et ses Fous", ed. Serre).

Cette coutume, qui se pratiquait souvent en Europe, pendant le cycle de Carnaval-Carême, avait lieu aussi en dehors de cette période (à l'occasion du remariage des veufs), ou bien pour des raisons de corruption morale ou administrative.

Le rituel est toujours le même : il s'agit de se rendre sous les fenêtres de la victime élue et de provoquer un tintamarre, un charivari "à réveiller un mort". C'est ainsi que des récits pittoresques évoquent des charivaris, dans le Vieux-Nice, au siècle dernier par exemple.

"Dès lors, on vit sortir de toutes les rues des hommes, des femmes et des enfants, frappant sur toutes sortes d'ustensiles de ménage, au son des conques marines et de grelots de mulets, chantant, sifflant, cassant des marmites et autres vieux vases, lançant des pierres aux portes et aux fenêtres…" (J.B. Toselli, Histoire de Nice).

Une pratique qui a davantage persisté dans les villages du haut pays niçois que dans les rues du Vieux-Nice. Mais sur les corsi, l'on maintenait la tradition du langage sifflé (proche du persiflage), où les masques s'amusaient à "chiner" les passants, interpellaient "leurs victimes" sur leurs "écarts de conduite", en leur sifflant avec une voix de fausset "Va que ti connouissi".

Traditions musicales au XIXe siècle

Parmi les traditions bien ancrées dans le Carnaval niçois, nous évoquerons celles directement liées à la pratique de cette "paramusique" citée précédemment et provoquée avec des instruments des ténèbres" tout à fait particuliers et exceptionnels, ceux de l'orphéon carnavalesques niçois : la Vespa qui accompagnait le joyeux et dynamique groupe carnavalesque des Maurou ; le Paillassou, les Maurou, la Vespa, figurent parmi les traditions les plus anciennes du Carnaval de Nice.

Les Maurou

Les Maurou groupe de quatre à cinq jeunes gens, la tête coiffée d'un bonnet de nuit ou d'un turban d'une blancheur douteuse, se barbouillaient le visage et les bras avec de la suite, et endossaient un drap de lit ou s'affublaient d'un burnous dont ils découpaient la forme de l'encolure. Ils parcouraient le corso, en mouvement sinusoïdal, ou bien Groupe du Cepoun fendaient la foule a grands coups d’épaule lorsqu'elle ne s'écartait pas assez vite et ils chantaient la chanson des Maurou.

Sien Maurou lou saben
Cu voû si fa bouffa
Semblan toui d'africain Che vengon n'a trouva
Ma se si lavessien
Lu boufferen lou traoù Bessai vou plaserien
Sensa li faire maù
Se lu bouffet son rout
Faoù lu fa arrangia
Si n'avès plus d'argen
Asperes l'an che ven.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:44

Une chanson interprétée sur l'air de la chanson des "Bouffets" ou "Soufflaculs" telle la très belle version qui est présentée dans le disque "Tresors dau Pais Nissart" (ed. Ventadorn, 1980).

Cette présence des Maurou, correspondait dans les carnavals niçois à la persistance dans la "mémoire collective" et à la transmission de la culture populaire (gestuelle et non verbale) de l'évocation des "Sarrasins" (Turcs ou pirates méditerranéens d'origines diverses), responsables de bien des pillages dans l'histoire méditerranéenne et auxquels sont attribués des faits qui n'ont parfois qu'un rapport très lointain avec leurs exactions mais dont nous trouvons la trace dans les fêtes locales (Sarrazin dans le Languedoc, Pailhasse près de Montpellier, fête-dieu à Aix-en-Provence, Maurou à Nice mais aussi en Espagne, en Vénétie et en Yougoslavie.
Le plus souvent, les Maurou suivaient le groupe du Paillassou, qui bernait ce mannequin de paille et de chiffon avec un drap tendu et les Maurou étaient accompagnés d'un groupe de musiciens dotés d'instruments bizarres, taillés dans des courges séchées, des cougourdons. Cet orphéon carnavalesque s'appelait la Vespa (la guêpe).

La Vespa : Orphéon carnavalesque

La Vespa a disparu des corsi autour des années soixante, et ses précieux instruments furent exposés au Musée Masséna, grâce à la donation d'un menuisier, M. Louis Allo. Il faut préciser la particularité de la Vespa, (soulignée par Claudie Marcel-Dubois des ATP) : c'est apparemment seulement à Nice, dans la partie européenne de la Méditerranée que nous utilisons musicalement des instruments taillés ~ dans des courges/calebasses, alors que c'est d'usage courant, en Afrique ou en Amérique Amérindienne. La Vespa connaît un renouveau depuis quelques années, grâce au talent d'Yves Rousguisto et au Cepoun (groupe folklorique musical de Vence).

En 1984, à l'occasion du Centenaire de Carnaval, et les années suivantes, des "Vespas" ont été recréées dans plusieurs établissements scolaires de Nice ou les enfants ont été initiés à lu fabrication et à l'usage de ces "instruments des ténèbres" si particuliers et apprennent les danses de Carnaval. Une initiative du Comité des Fêtes de Nice et de l'Éducation Nationale. Parmi tous les instruments de la Vespa, citons : le tambour à friction, le Petadou dont le nom vient de "pet", "petà" c'est-à-dire "crever, se casser, claquer", et dont le son si particulier s'inscrit dans la symbolique évoquée précédemment du rite des musiques des Ténèbres.

Les chars de la musique

En 1877, le char du "Théâtre Ambulant" innove en animant ses marionnettes au son d'un orchestre placé à l'avant du char et qui joue de la musique. L'importance des cortèges carnavalesques dès la fin du siècle dernier et le nombre croissant des chars et des mascarades a influencé et modifié le rôle de la musique sur le corso et provoqué l'apparition de chars de la musique, vers 1890.

En faisant monter les musiciens sur une plateforme aménagée en gradins, on augmentait la sonorité des instruments, d'autre part, le char de la musique devenait l'accompagnateur des chars officiels de S.M. Carnaval et de son épouse.

Certains chars de la musique, très souvent conçus par G-A Mossa, ou larnach sont restés célèbres dans le souvenir des carnavaliers niçois, comme le "Babaoù" (1905), les "Poires" (1914), etc...

Souvent, ces chars avaient la forme d'un instrument : une contrebasse appuyée sur des partitions (1891), un orgue monumental (1894), un immense accordéon avec un clowl blanc au sommet jouant du trombone à coulisse (1896) ; d'autres chars traitaient des événements locaux ou internationaux, le char de la ligne Nice-Coni (l909), la libellule (1910, hommage à Santos-Dumont), les Poires (1914). Tous les chars adoptèrent par la suite un orchestre à l'arrière de leur plate-forme, de manière à ce que les nombreux déguisés suivent les chars, en dansant, sautant, riant. Certains groupes de grosses têtes, aussi, étaient accompagnés par un orchestre où la "georgina" (ce petit accordéon) ne chômait guère.

A la fin du corso, les musiques et fanfares militaires (notamment celles des chasseurs alpins) étaient rassemblées. Aux quatre coins de la place Masséna, lO 000 à 15 000 déguisés, participaient joyeusement à des farandoles endiablées - au rythme de la fameuse "Es rota la casserola".

La chanson officielle de carnaval

La chanson officielle de carnaval est créée en 1905, par le Comité des Fêtes, pour accueillir Carnaval dès son arrivée. Elle était d'abord choisie par un concours limité aux paroliers puis les compositeurs entraient en compétition et devaient broder leur variation sur l'œuvre primée. En 1905 c'est une chanson en niçois, « E viva Carneval », qui obtint le prix Mais une rivalité s'engagea entre auteurs niçois et auteurs français.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:45

Un journaliste Fernand de Rocher, protesta vivement contre l'attribution du prix à "« E viva Carneval », " en des termes peu élogieux pour les niçois « il est permis à nos hôtes étrangers ou français d'ignorer les beautés de la langue d'oc. provençal ou nissard, alors que tant d'aborigènes l'écorchèrent et l'estropient si lamentablement. Peu d'hivernants ne parlent ou ne comprennent pas le français. C'est donc enlever à la fête un appoint important que de vouloir la réduire à une simple manifestation locale.".

Il faut croire que ses propos furent entendus puisqu'il gagna le prix de la chanson en 1908.
Le plus célèbre parolier fut le barde niçois Menica Rondelly, l'auteur de Nissa la Bella ; parmi ses chansons les plus célèbres figurent :
Es Carnaval !!!(1909) ;
Chahut ! Chahut ! (l910) ;
Pin Pan ! (1914);
Gnic! Gnac! (1921) ;
Velou ! Velou (1922), son plus grand succès, célèbre le Pont-Vieux, détruit cette année-là ; c'est l'un des airs les plus joyeux du carnaval niçois ;
Fai Anà ! (1923)

Parmi d'autres auteurs, paroliers ou compositeurs citons A Fenouille, D Mari, Theo Martin, Roger Lucchesi ou Toni Rainaud La chanson de Carnaval était un véritable trait d'union entre les Niçois. Les chanteurs des rues contribuaient à créer une véritable ambiance de fête dès Noël, ils interprétaient la chanson dans tous les quartiers, et tout le monde la savait par cœur, sur les corsi.

Les années sixties

Aux environs des années 60, la chanson officielle de Carnaval disparaît, les sixties, groupes rock, Beatles déferlent sur I'Europe, les airs de carnaval se démodent, les déguisés raccrochent leurs dominos, la "sono" remplace les derniers orchestres, un fossé musical se creuse entre les générations. Adieu la fête populaire urbaine, adieu les Mais et la joie dans les quartiers, c'est le jazz à Saint-Germain des Prés ou la Pinède de Juan-les-Pins !

La fête populaire traditionnelle subsiste dans le haut pays, au son des ciamada et des farandoles pour les brandi emmenés par les "Abats", Abbés de la Jeunesse. L'une des toutes dernières chansons officielles de Carnaval date de 1959, l'excellent compositeur niçois, Toni Rainaud, s'inspira de la samba qui triomphe à Rio et composa une très tonique samba niçoise "Bim-Bam-Boum", "Carnaval ès en la Luna", thème qui rendait hommage aux premiers cosmonautes et astronautes de l'espace. Malgré quelques tentatives "d'animateurs de la fête", pas toujours réussies, au cours des années 70- 80, pour la relancer, la chanson du Carnaval sombre dans les oubliettes. L'intérêt de la musique sur les corsi au cours de cette période vient surtout de la qualité des groupes musicaux - fanfares, cliques européennes ou orchestres de la VIe flotte des USA - qui participent aux défilés.

En 1984, à l'occasion du Centenaire de Carnaval, la Ville de Nice, dans le cadre du Festival brésilien organisé en juillet, reçoit une authentique école de samba venue de Rio avec 100 danseurs et musiciens, Mocidade Independente de Padre Miguel, qui obtient un triomphe en défilant à la bataille de fleurs.

Le Renouveau des années 90

De 1987 à 1990, la création de l'émission de télévision "Carnavals des Carnavals", propulse Nice comme le plus important carrefour international des Carnavals du monde, avec la venue d'excellents groupes carnavalesques qui nous font découvrir leur musique et la richesse ou le dynamisme de leur carnaval. C'est le cas de Tenerife (îles Canaries) ; c'est le passage du carnaval argentin de Corrientes, qui nous envoûte avec sa musique de chamame et candombe. C'est la samba frénétique de Rio, avec la présence des plus prestigieuses écoles de samba, c'est Bahia, Gilberto Gil et lorge et Zelia Amado. Nous avons découvert la musique des "steel-band", ces fameux groupes de calypso de Trinidad qui résonnent aussi au carnaval antillais de Notting Hall, à Londres. Nous avons accueilli, l'une des plus brillantes artistes plasticiennes du carnaval de Notting Hill Clary Salendy, dont les gigantesques costumes (de 7 mètres d'envergure) étonnèrent plus d'un Niçois.

Le "rap niçois" (sur des rythmes de ragga muffin) et la musique électronique font une brillante entrée sur le corso niçois, en hommage à Sa Majesté Carnaval 1993. En effet, le char de la Ratapignata de Ben, sera animé avec des airs de rap niçois, par Louis Pastorelli, tandis que Madame Europe bénéficiera d'une sonorisation spécialement conçue pour La Mascarade, par les musiciens Martin Chevalier et Henri Manini, dans laquelle, on percevra aussi bien les sons traditionnels du Petadou que l'hymne européen.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:45

Musiques du monde en fête

Fanfares. cliques, musiques étrangères venues des quatre coins du monde, apportent chaque année, leurs rythmes endiablés, leurs marches joyeuses, entraînantes, dans une fête de convivialité, où les cultures et les traditions se melent joyeusement, à coups de confetti, de bouquets de fleurs ou de grimaces pacifiques et de rythmes en délire.

Avec la participation de groupes, cliques, fanfares, Bersaglieri, Marching-band, venus du monde entier (États-Unis, Japon, Afrique, Allemagne, Suisse, Belgique, Tenerife, Espagne, Italie, Roumanie, Danemark, Pays-Bas). Ces groupes participent à tous les défilés carnavalesques et de batailles de fleurs et aux animations de quartier.

Des concerts de gala sont également donnés par les meilleurs groupes en soirée après les défilés.

Les illuminations

Les illuminations de Nice pendant la période du Carnaval, sont particulièrement belles et uniques au Monde. En effet, Nice peut se glorifier d'offrir aux Niçois et aux touristes, les plus importants et originaux décors lumineux de tous les Carnavals du Monde : magnifique travail, qui vient compléter depuis 1921! le grand corso des chars et grosses têtes en carton-pâte du Carnaval niçois.

Durant toute la période du Carnaval, la Place Masséna est transformée en décor féerique, qui n'a rien à envier à Hollyvood : 500 m. de panneaux de 9 m. de haut (voire 15 m. pour le panneau central).

Chaque soir, 150 000 lampes de 15 watts, colorées à la main, soutenues par 100 km de câble! clignotent autour de vous, vous irradient et vous plongent en plein cœur d'un univers du "merveilleux lumineux". Elles provoquent l!admiration de tous les privilégiés de ce spectacle inoubliable. qui se prolonge dans l'Avenue Jean Médecin.

Ce décor présente un autre visage de S.M. Carnaval, personnage à facettes multiples dont l'inconscient projette sur les façades de la Place Masséna et de l’Avenue Jean Médecin les éclats prismatiques de son rire étincelant.

Exécutés par l'Entreprise Guillot Électricité, les dessins des illuminations sont l'œuvre d'artistes trop méconnus et de grand talent, comme Damien Lanfranchi de 1970 à 1981 ou Patrick Galdéano depuis.

C'est Patrick Galdeano qui conçoit et peint les décors, sur plus de cent panneaux de contre-plaqué représentant une surface de 120 000 m2.

Les illuminations sont indissociables du décor carnavalesque, et elles ont suscité l'étonnement et l'admiration des carnavaliers brésiliens, pourtant bien chauvins sur leur Carnaval.

Les carnavaliers

Maîtres d'œuvre de la fête la plus célèbre de la Côte d’Azur, les carnavaliers constituent une corporation de 150 membres environ, très jalouse de ses prérogatives.

Les "anciens" vous expliqueront qu'être carnavalier, ne veut pas dire exercer une profession comme celle d'artisan, par exemple, mais participer à un concours organisé depuis 1873, par le Comité des Fêtes de la Ville de Nice, pendant le Carnaval, et à l'issue duquel, on distribue des prix en espèces, comme c'est le cas dans de nombreux concours.

C'est à partir de 1922, que les carnavaliers sont regroupés en associations, afin de limiter le nombre de places attribuées lors de la distribution des prix par le Comité des Fêtes, et il faut être membre de l'une des quatre associations (l'Amicale des constructeurs carnavalesques, les As, les Artisans, l'Union), pour être primé au concours.

De ce fait, le Carnaval de Nice qui est l'un des carnavals les plus importants du monde en ce qui concerne la confection de "grosses têtes" et sujets ou chars en carton-pâte, repose en grande partie sur la participation des carnavaliers. Ces hommes et ces quelques femmes, auront consacré des milliers d'heures de travail pour que leurs œuvres prennent place sur le corso carnavalesque.

Mais c'est toujours avec étonnement que le public qui vient rendre visite aux carnavaliers, dans les ateliers de la rue Richelmi, à Riquier, apprend que la plupart d'entre eux ne sont pas des professionnels. Ils exercent des métiers assez variés (employés, commerçants, artisans ou fonctionnaires) et consacrent leurs loisirs au Carnaval. La subvention allouée par le Comité des Fêtes à l'issue du concours, permet de couvrir les frais engagés pour la réalisation de leur œuvre.

Face à l'avenir, ils ne cachent pas une certaine nostalgie. Leur organisation, particulière et originale, rappelle celle du "compagnonnage". Jusqu'à ces dernières années, le système parenté cooptation était primordial pour la formation. Les femmes sont exclues de ce type de succession bien qu'elles participent activement aux différentes étapes de réalisation. Cette discrimination n'est plus au goût du jour et ne saurait durer.

Après avoir été admis dans l'une des quatre sociétés, on suit un cursus précis : on commence par une grosse tête en "isolé", puis on evient "groupiste" (8 grosses têtes) et ensuite chariste par la parenté ou l'ancienneté.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:46

Depuis quelques années, ce système, scrupuleusement respecté par les carnavaliers, est bousculé par les aléas et les exigences de la vie moderne. Les jeunes succèdent de moins en moins à leurs parents car ils ont du mal à sacrifier leurs heures de loisirs ; les anciens passent la relève à des professionnels qui gardent néanmoins les traditions de cet art populaire.

Un art qui a besoin de se ressourcer et de se dynamiser. Mais ne dit-on pas que Carnaval, tel le Phœnix meurt pour renaître de ses cendres, encore plus éclatant. Espérons-le pour les carnavaliers.

Le « métier » de carnavalier

L'atmosphère.

Plusieurs mois avant le carnaval, une fièvre étrange s'empare des carnavaliers. A Nice, on l'appelle malicieusement la carnavalina, mais ses symptômes sont identiques dans toutes les villes de Carnaval. Il est fascinant de constater la ressemblance des lieux où cette fièvre se manifeste. Elle agit le plus souvent en milieu clos, et provoque une véritable atmosphère surréaliste dans les divers ateliers.

Le choix du thème.

Première étape, et non la moindre, dans la conception de l'œuvre carnavalesque. Au début du printemps, la carnavalina se déclare ; c'est souvent la période la plus exaltante : celle de la conception, de la recherche de l'idée, de l'étincelle créatrice.

Le carnavalier niçois prend connaissance du thème imposé par le Comité des Fêtes pour l'année suivante, "la fête" en 1987, "le centenaire de la Côte d’Azur" en 1988, "l'amour" en 1989, "le rire" en 1990, "I'Europe" en 1993, thèmes qui lui laissent une relative liberté. Il fait dessiner et peindre son sujet - char ou grosses têtes - par un maquettiste, et il exécutera ensuite les travaux nécessaires à la réalisation de son char ou de son groupe, entouré d'une petite main-d'œuvre spécialisée.

La réalisation.

Le carnavalier est souverain dans le royaume du carton-pâte et plusieurs phases jalonnent la réalisation des sujets de Sa Majesté Carnaval. Il faut tout d'abord passer dans l'atelier du sculpteur, qui tel un magicien utilise, pétrit, malaxe l'argile et le plâtre. Quels moments d'intense émotion il nous a été donné de vivre en voyant surgir, sous les mains expertes et pleines d'attention de Jean Ferrero, Joël Belly ou Gabriel Granata, les traits d'un visage modelé dans l'argile, découvrant le sourire malicieux de Sa Majesté Carnaval, ses rides joyeuses, plissées autour des yeux, révélées par un dernier tracé d'ébauchoir.

Du modelage, on passe à la réalisation d'un moule en plâtre, que le carnavalier recouvre de plusieurs couches de papier découpé en petits morceaux, et encollés avec une mixion de farine et d'eau chaude. C'est ainsi que l'on obtiendra le tirage définitif, en carton-pâte.

Une mécanisation ingénieuse

Le public méconnaît l'ingéniosité des carnavaliers qui font mouvoir leurs sujets à l'aide de moyens souvent très simples. Des cordes et ficelles, le carnavalier, devenu électricien ou soudeur, est passé aux moteurs électriques, d'origine parfois inattendue : essuie-glace, machine à coudre, machine à laver, ou systèmes plus élaborés, tels les vérins hydrauliques. Les carnavaliers niçois sont devenus les maîtres incontestés de la mécanisation, avec notamment J.P. et P. Povigna.

L’art du carnavalier

Le carnaval, fête du grotesque, est aussi la fête d'un art populaire qui s'exprime avec diversité et originalité. L'anthropomorphisme règne dans le carnaval. Très souvent, on assemble des têtes d'animaux et des végétaux, ou des objets sur des formes humaines et vice versa. De longs nez sont collés sur des faces et des corps difformes - masses de carton-pâte de plus de deux mètres de hauteur amusant ou effrayant les enfants.

Il existe une spécificité dans l'art de peindre le carton-pâte qui nous permet de différencier un carnaval d'un autre. Les carnavaliers de Viareggio, passés maîtres dans l'art de la sculpture, ont une expression picturale beaucoup moins recherchée que celle de leurs homologues niçois.

G.-A. Mossa a exercé une influence talentueuse sur les peintres-carnavaliers. Et nous pouvons affirmer sans crainte qu'il existe un véritable art pictural du carnavalier niçois. Un art totalement méconnu, qui utilise une palette de couleurs éclatantes, à dominantes rouge, vert, jaune, avec des nuances infinies. Sur le corso, une grotte tête en forme de tomate à la provençale prendra brusquement une vie, un éclat nouveau grâce à cette peinture en dégradé, si particulière à Nice, celle qui recherche par un dernier coup de pinceau lou lume (la lumière), l'éclat final qui donnera une touche joyeuse aux sujets de Sa Majesté, sous les mains expertes d'artistes comme Efeso, Coppa, Beglia, Alexandre Sidro, aujourd'hui disparus, auxquels ont succédé L. Schiaffino, J. Ferrero, J. I) amiano, A. Mignone, G. Granata, J. Belly, P. et JP Povigna.

Les carnavaliers nous proposent leur vision d'un autre monde : pour le Brésilien Joazinho Trinta ou la carnavalesca Maria Augusta, il s'agit de faire vivre un "opéra de rue", à la recherche de la Terre promise, peuplé d'un monde étrange d'entités mystérieuses.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:47

Le carnavalier niçois Alexandre Sidro aimait à se comparer à un Pierrot : "Chercher fortune, je ne sais pas si je la trouverai, Lui la trouve dans la lune, moi, je la vois dans le rêve". Son univers peuplé de rêves, de fantasmagories permet au carnavalier niçois de donner de multiples facettes à l’imaginaire carnavalesque.

Les batailles de fleurs

Les batailles de fleurs sont parmi les fêtes les plus gracieuses et les plus renommées de Nice et de la Côte d’Azur. La première bataille de fleurs à laquelle les Niçois assistèrent, eut lieu au cours de l'hiver 1830, à l'occasion du séjour à Nice du roi Charles-Félix, venu passer l'hiver à Nice, "pour y jouir de son doux climat". Il précédait ainsi dans la tradition, les souverains et princes russes, anglais, allemands qui séjourneront à Nice.

L'habitude de jeter des fleurs pendant les défilés de carnaval subsista au cours du siècle. Alphonse Karr, le poète jardinier souhaitait vivement qu'il y ait de véritables défilés de chars fleuris, au cours des fêtes carnavalesques. Son vœu fut exaucé quelques décennies plus tard. C'est ainsi, qu'en 1874, le carnavalier Jean Cuggia, auteur du char de "la Paix", - épuisa, avec ses amis, pour une seule journée de corso, près de 15 000 bouquets de fleurs !

En 1876, Andriot Saëtone, créa, à l'instigation d'Alphonse Karr et du Comte de Cessole, la première bataille de fleurs, sur la Promenade des Anglais. Sans nul doute, les incidents qui émaillèrent le Carnaval de 1875, influencèrent la séparation de la fête carnavalesque en deux parties différentes :
- les défilés carnavalesques avec les batailles de confetti, avaient lieu Cours Saleya, place de la Préfecture et rue St-Francois de Paule.
- les défilés élégants de voitures fleuries avec batailles de fleurs se déroulaient sur la Promenade des Anglais. D'un côté, la fête populaire, décontractée, et de l'autre, la fête apollinienne, esthétique, où défilait "l'élite" de la société. La première bataille de fleurs fut un timide essai, en raison de l'innovation du lieu choisi :
- le parcours respectait d'abord le tracé traditionnel du Carnaval, place de la Préfecture (avec tribune d'invités) et Cours Saleya, puis évoluait sur la Promenade des Anglais, sans aucune tribune et ressemblait davantage à une promenade-exhibition, qu'à une véritable "bataille de fleurs".

Le public s'habitua peu à peu, à échanger ou "batailler" avec des fleurs. Toutes les célébrités de l'époque, participèrent aux batailles de fleurs. D'autres villes de la Côte d’Azur suivirent l'exemple de Nice, et Cannes inaugura sa première bataille de fleurs en 1898.

L'exemple niçois, inspira également Isabelle, fille de Pedro 11 du Brésil, qui organisa à Rio le premier défilé de voitures fleuries pour célébrer l'abolition de l'esclavage. Nice est aussi à l'origine de la célèbre parade fleurie de Pasadena (Tournoie-ment of Roses) (USA) qui fut créée en 1890 par Francis Rowland, après qu'il ait assisté à la bataille de fleurs de Nice. Cela permet de mieux comprendre le prestige de cette fête niçoise à la Belle Époque et sa renommée internationale. Certains confondent d'ailleurs Carnaval et bataille de fleurs, corso carnavalesque et corso fleuri.

Un corso fleuri

Un corso de bataille de fleurs comprend un défilé de chars entièrement fleuris, et qui illustrent des thèmes allégoriques. Sur chaque char, figurent deux à trois jeunes filles, jeunes et superbes mannequins, somptueusement maquillées et habillées de rutilants costumes de plumes, paillettes et strass sous la main experte d'un couturier de grand talent, Francis Carol. De nos jours, les batailles de fleurs ressemblent davantage à une parade où alternent chars fleuris et divers groupes de musiques, fanfares, marching-band, et dont le charme réside à échanger des fleurs, plus qu'à "batailler". En 1993, une innovation de taille sera tentée, - présenter les batailles de fleurs, place Masséna et avenue de Verdun, au lieu de la traditionnelle promenade des Anglais.

Un char fleuri mesure six mètres de haut, sept mètres de long, deux mètres de large, sur chacun d'eux, deux à trois jeunes filles parmi la cinquantaine de jeunes mannequins, sélectionnés très attentivement et qui seront somptueusement maquillées et costumées de plumes, paillettes et strass.

Un corso fleuri comprend environ trente chars décorés de myriades de fleurs locales, accompagnés par plusieurs groupes musicaux, français et étrangers.

Les chars sont décorés à lu main, à l'aide de pétales de milliers de fleurs, collés un à un dans la nuit et la matinée qui précèdent chaque "bataille".

Œillets, roses, glaïeuls, tokios, gerberas, mimosas, dalhias, liliums, etc... sont soigneusement piqués dans des pains de mousse spéciale, gardant la fleur fraîche.

Pour la garniture "pétales" d'un grand char, il faut compter 80 à 100 bottes d'œillets de 50 fleurs chacune, soit quelque 5000 fleurs.

Par char, on place entre 60 à 70 coussins de mousse. Chacun supporte 60 à 65 fleurs et feuillages. Il faut donc compter de 3600 à plus de 4000 tiges.

Art contemporain et carnaval

L'art carnavalesque a inspiré et tenté avec plus ou moins d'originalité, les artistes peintres et sculpteurs contemporains.

Chagall, Picasso, Matisse, ont traité le thème du Carnaval, sous la forme d'affiches ou de lithographies, suivis par Moretti, Arman, César, Tobiasse, Martine Doytier.

En 1993, deux artistes de l'École de Nice, Louis Cane et Ben, s'impliquent dans le corso carnavalesque et signent chacun la conception d'un char.

La rencontre de Madame Europe et de la Ratapignata, sera sans nul doute une aventure riche et pleine d'espérance.

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:48

Louis Cane et le char de l’Europe

En 1993, Carnaval sera Roy de l'Europe. Sa Cour nombreuse et ses joyeux sujets évoqueront les différents pays européens. Une manière élégante et spectaculaire de célébrer la vocation de Nice, métropole européenne.

Le Comité des Fêtes soucieux d'innovation a commandité une cérémonie spécialement conçue à cet effet : la Mascarade, dont la scénographie a été confiée à Michel Crespin La Mascarade "Europe unique et multiple" participe au défilé carnavalesque. Elle associe le grand char articulé de Madame Carnaval, Europe 93, conçu par Louis Cane. Ce grand char est entouré de douze répliques du même sujet représentant chaque pays de la C.E.E.

120 jeunes niçois constitueront l'élément dynamique de cette Mascarade sur une chorégraphie d'Artefact et une musique originale électronique, conçue par Martin Chevalier et Henri Manini et des costumes de M.L. Poulain et l.L. Ardouin.

BEN et La Ratapignata

Ben a puisé son inspiration dans l'histoire du Carnaval de Nice et a choisi le thème passionnant de la Ratapignata, fondamental dans le Carnaval de Nice.

Ben le considère comme un symbole de "la défense de la culture niçoise" auxquelles il souhaite ajouter une modernité et une contemporanéité (sic). A cet effet, le bas-relief du char est composé de textes en niçois.

Il a choisi de présenter une gigantesque et sympathique Ratapignata, avec un petit sourire coquin, et qui déploie ses grandes ailes protectrices sur son char sur une animation musicale originale de Louis Pastorelli et des airs de rap niçois (sic).

De grands rouleaux de papier se dérouleront ver le public et seront transformés en boulettes de papier qui "permettront des batailles de boules".

Le public sera particulièrement gâté et privilégié de pouvoir communiquer avec différentes conceptions de la fête.

Quel avenir, pour Nice, Carnaval Européen ?

L’Art de la Fête Carnavalesque, est profondément lié à l'histoire et l'évolution de la Fête urbaine.

Les cortèges carnavalesques actuels ont pris forme à la fin du XIXe siècle. Il est intéressant de souligner l'apparition, la même année ou presque de grands défilés de chars carnavalesques, en carton-pâte : c'était en 1873, à Nice, Viareggio, Rio, la Nouvelle-Orléans, qui comptent encore de nos jours parmi les plus importants carnavals urbains du monde.

De nos jours, l'esthétique de la fête carnavalesque, craque, évolue, s'élargit, s'illumine, se trouve remise en question. Des orientations nouvelles apparaissent qui correspondent à d'autres formes de convivialité, de communication.

L'un des phénomènes les plus caractéristiques à signaler, en cette décennie où le monde célèbre le Cinq Centième Anniversaire de la Découverte du Nouveau Monde, est justement, l'influence actuelle comme un effet boomerang, des carnavals Brésiliens, Caralbéens, Latino-américains sur les Carnavals Européens et Scandinaves, tout particulièrement.

Effectivement, depuis plus d'une décennie des "écoles de samba" fleurissent en Scandinavie et des carnavals "tropicaux" prennent place au cours de fêtes du printemps ou d'été au Danemark (Aalborg, Copenhague) ou Suède (Stockholm, Norkopping).

Les orchestres de steel-band et superbes costumes du Carnaval de Trinidad s'exposent magnifiquement pendant le Carnaval de Notting Hill qui a lieu à Londres à la fin du mois d'août, en présence d'un million de personnes.

La Fête, le Carnaval, tel le Phœnix qui renaît de ses cendres engendre de nouveaux symboles : l'influence des cultures africaines, indiennes, afro-brésiliennes, afro antillaises, a transformé les carnavals tropicaux, - d'importation européenne, à l'origine.

La Fête, le Carnaval, la Musique, s'imprègnent de ce brassage, ce métissage des cultures qui a pour champ d'action privilégié, la rue, la création de nouveaux rapports culturels et sociaux, de nouveaux espaces, de nouvelles formes d'expression. La samba, la soca, la salsa et maintenant le rap remplacent les marches et farandoles d'antan.

Les Arts de la rue prennent place dans la fête, et ont joué un rôle important dans les cérémonies qui se sont déroulées lors des Jeux Olympiques d'Albertville et de Barcelone. Ils inspirent plusieurs carnavals en France, Espagne, Irlande, Italie, Allemagne….

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Dim 24 Déc - 14:49

Le carnavalier devient artiste-plasticien, scénographe. Nice, qui avait déjà été le Carnaval "pilote" de la fin du siècle dernier, saura-t-elle, en cette année de 1993, amorcer sa nouvelle évolution et réussir la rencontre inévitable entre Carnaval et Arts de la Rue ? Carnaval et Art contemporain ?

La réponse ne devrait pas échapper aux carnavaliers, détenteurs d'un patrimoine culturel populaire, trop méconnu et sous-estimé, et qui doivent relever le défi de l'an 2000. La réponse doit également interpeller davantage la jeunesse prête à s'impliquer à nouveau, dans la fête avec ses rythmes, ses images, ses nouvelles valeurs.

LONGUE VIE A CARNAVAL.

Annie Sidro - Historienne et carnavalière, Annie Sidro est fortement marquée par son appartenance à la plus ancienne famille des Carnavaliers niçois.

Spécialiste incontestée des Carnavals du monde entier et de l'Art carnavalesque, elle est l'auteur de plusieurs ouvrages universitaires sur ce sujet.

Conseiller culturel de la Ville de Nice elle est également conseiller international de l'International Festivals Association et de l'Association Européenne des Carnavals.


ADRESSES UTILES

- Comité des Fêtes de la Ville de Nice
5, Promenade des Anglais - 06000 Nice
Tél : 04.93.87.16.28.
Fax : 04.93.87.56.10.

- Maison du Carnaval (visite des ateliers des Carnavaliers)
5, Rue Richelmi - 06300 Nice
Tél : 04.93.87.16.28 / 04.93.54.14.11.

- Art, Décoration, Festivités
13, Route de l'Est - 06300 l'Ariane Nice
Tél : 04.93.54.64.74.

- Guillot électricité (Décor lumineux de carnaval)
3, Rue Poincaré - 06000 Nice
Tél : 04.93.86.61.42.

- Carnavals sans Frontières
13, Rue de l'Hôtel de Ville - 81000 Albi
Tél : 03.63.54.26.19

- Association Européenne de Festival – IFA Europe
P.O Box 1240 - 3000 BE Rotterdam - Pays-Bas
Tél : (31)10.417.24.39.

- International Festivals Association
P.O. Box 2950 - Port Angeles, WA 98 362
Tél : (1) 206.452.46.95
Fax : (1) 206.457.31.41.

- Centre National des Arts de la Rue – Lieux Publics
16, Rue Condorcet 13016 Marseille
Tél.: 04.91.03.81.28.

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Yoann
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 23 Jan - 19:51

Je t'avoue que ça m'intéresse mais pour l'instant je n'ai pas le courage de tout lire...
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Pat
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 23 Jan - 22:55

ca devient de pire en pire chaque année
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mer 24 Jan - 0:49

perso j'en ai mare de voir des grosses tètes représentant des politiciens
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Vito
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 30 Jan - 22:48

On pourrait avoir les dates des carnavals independants !?

Merci
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mer 31 Jan - 1:30

Ca a commencé dimanche dernier...

IDENTITE NICOISE | NISSA CARNEVAL - Campionat dau monde dau Palhasso au Carnaval indépendant de Nice.
Venez participer au plus grand concours sportif de l'année, qui constituera l'ouverture officielle du Carneval Independent de Nissa le dimanche 28 janvier 2007 à 14h00.
Rendez-vous place Saint Roch à Nissa, pour inscrire les équipes de deux au Championnat du monde de lancé du Palhasso en longueur.
Le but est d'envoyer avec l'aide d'un drap le Palhasso, homme de paille nissart, le plus loin possible.
Le championnat s'achèvera par le palmarès des arbitres et la merenda nissarda, confectionnée par toutes les vivres que vous voudrez bien nous apporter. La manifestation sportive est gratuite.
Renseignements au 06 71 18 61 21
Cristòu
pour le Collectif « Carneval Independent de Nissa »
Campionat dau monde Palhasso le dimanche 28 janvier 2007
palhasso-2007

Merci Nyctalope pour les infos ;)
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:03

je vous post quelques photos du carnaval de cette année
les photos ont été prise de mùon tel portable donc...
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:06




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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:08





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Ben
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:10

J'ai cru entendre parler d'une polémique comme quoi les chars étaient en structure gonflable, quelqu'un pour confirmer ?

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:10




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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:11

Ben a écrit:
J'ai cru entendre parler d'une polémique comme quoi les chars étaient en structure gonflable, quelqu'un pour confirmer ?
ui tu vas voir attends un peu arf
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:13





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Pat
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:15

merci pour les tofs
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:16



en voila un de char gonflable (pour ben)

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:20


encore "2 char" gonflable ;)



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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:22




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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:23


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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:23

enfin c'est fini :p
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Steph
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:26

Merci pour les tofs kev Bravo

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:29

j'ai pris tous les char en photo mais je veins de voir qu'il manque un char :s
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Ben
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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:29

Merci Bravo

Tant que la tradition se perd pas totalement !!!!

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MessageSujet: Re: Le Carnaval de Nice   Mar 27 Fév - 1:30

j'avais oublié segolene hic

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